La Maladie Rénale Chronique

Votre chien souffre de maladie rénale chronique:

Quel suivi, utile à l’amélioration de sa qualité et à sa durée de vie, pouvez-vous mettre en place?

Votre chien maigrit, a un appétit capricieux, sélectionne sa nourriture, dort davantage, vomit régulièrement et urine parfois à la maison. Vous avez l’impression de devoir remplir plus souvent sa gamelle car il boit plus.

 

Il est probable qu’il souffre d’une insuffisance rénale chronique.

Des examens complémentaires (sanguins et urinaires) sont alors vivement conseillés.

Quelques généralités au sujet de la maladie rénale chronique(MRC):

Si 10% des chiens de plus de 15 ans souffrent de MRC, cette maladie peut atteindre les chiens à n’importe quel âge.

Cette maladie résulte de la perte IRREVERSIBLE de tissu rénal fonctionnel sans que la cause initiale du processus pathologique soit encore présente et identifiable au moment du diagniostic.

En début d’évolution, l’organisme met en place des sysytèmes de compensation qui vont stabiliser l’animal. Ces mécanismes s’avèrent délétères pour l’organisme et la maladie s’aggrave inéluctablement.

La maladie progresse pleaucoup plus rapidement chez le chien que chez le chat. Plus le diagnostic est posé tardivement, plus le pronostic est sombre. A l’inverse, plus le diagnostic est précoce et meilleurs sont les résultats des traitements.

L’International Renal Interest Society (IRIS) propose une classification des maladies rénales (4 grades de gravité) à partir de 2 mesures de créatinine plasmatique, réalisées sur un animal à jeûn, stabilisé et hydraté.

De par sa nature irréversible et sa tendance progressive, la MRC est décourageante. Mais un suivi médical individualisé, tenant compte des particularités de votre chien, de sa maladie, de vos attentes et de vos contraintes, peut améliorer sa qualité et sa durée de vie.

A propose de la détection précoce:

La néphropathie chronique précoce ne saute pas aux yeux.

Des bilans sanguins et urinaires annuels de routine à l’occasion de visite vaccinale prennnent tout leur sens:

-Une baisse de densité urinaire associée à une augmentation de la créatinine sanguine peut être très significative d’une perte de la fonction excrétrice rénale

-Une baisse de la densité urinaire associés à une protéinurie persistante (2 à 3 tests à 1 semaine d’intervalle) peut également être très significative d’une perte d’excrétion rénale.

A propos des glomérulopathies:

Beaucoup plus fréquentes que chez le chat, les glomérulopathies représentent 50% des lésions rénales et sont liées  des lésions inflammatoires(glomérulonéphrite) ou au dépôt de substance amyloïde (amyloïdose).

Une forte protéinurie les caractérise. Cette protéinurie est un facteur pronostic péjoratif.

Hypertension artérielle, hypercoagulabilité sanguine et azotémie sont des complications de la glomérulopathie qui aggarvent le pronostic: la moitié des chiens en syndrôme néphrotique avec une créatininémie sup à 15 mg/l vivent moins de 45 jours.

A propos du traitement:

Le traitement de la cause initiale (quand elle est identifiée) est à mettre en place rapidement mais est rarement suffisante.

L’alimentation: Pilier du traitement:

Sans alimentation « rénale », un chien insuffisant rénale survit en moyenne 9 mois. Avec une alimentation adaptée, 60% des chiens survivent en moyenne 3 ans (étude JAVMA 2006).

Quelque soit le stade de la maladie, l’ALIMENTATION EST LE PILIER DU TRAITEMENT.

Pour faciliter l’acceptation de ce nouvel aliment (sous forme de boïtes ou de croquettes), il faut réaliser une transition progressive sur 10 à 15 jours.

Pour lutter contre la déshydratation, l’aliment humide est à encourager de même que la prise d’eau et la prise de courgettes cuites mélangées à l’aliment de base.

L’alimentation « rénale » diminue le risque de développer une crise urémique de 75% par rapport à un aliment physiologique; elle augmente significativement la durée de survie grâce à la réductionb de l’apport en protéines, à la réduction phosphatée, à la réduction sodique, à la haute densité calorique, à l’effet alcalinisant et à l’augmentation de l’apport d’acides gras polyinsaturés.

Si votre chien refuse l’alimentation spécifique, vous pouvez essayer de lui concocter vous même une ration ménagère.

Exemple pour un chien souffrant de MRC et pesant 20 kg:

150 gr de viande de boeuf à 15% de Matière Grasse

2 cuillères à café d’huile de colza

420 gr de riz blanc cuit

450 gr de légumes vers

Un complément en vitamines et calcium

Une pincée de sel

Si l’alimentation adaptée ne suffit pas à baisser la phosphatémie après 1 mois d’aliment « rénal », le phosphore (véritable ennemis des reins) devra être « capturé » par un chélateur prescrit.

Autres traitements disponibles:

Des traitements visant à bloquer les mécanismes d’adaptation rénale à la perte de fonction pourront être mis en place en fonction du stade IRIS de votre chien.

Exemple: IECA très efficaces pour corriger les protéinuires

Inhibiteur calcique pour corriger les hypertension artérielles

Perfusions pour limiter les complications des cirses urémiques (perte d’appétit, déshydratation)

Antivomitifs et antiulcéreux pour limiter les vomissements

Un suivi régulier de votre chien est indispensable pour évaluer de son évolution et de sa réponse aux traitements entrepris.

 

Quels points reflétants sa santé rénale pouvez-vous surveiller à domicile?

* Le poids: 2 pesées mensuelles. Tout amaigrissement doit motiver une surveillance et un encouragement de la prise d’aliment.

*L’Hydratation: Vous pouvez en juger par l’évaluation du pli de peau ainsi que par l’humidité des muqueuses.

Une déshydratation s’accompagne souvent d’une perte de poids. La première réhydratation à mettre en place est de passer à une alimentation humide (courgettes, soupes de légumes…) et stimuler votre chien à boire (seringues d’eau à lui injecter dans le bouche).

Si nécessaire, une perfusion intraveineuse devra être mise en place.

*La prise de boisson: Tout changement doit petre noté et attirer votre attention. Un chien sain ne doit pas boir plus de 60 mlk par Kg de poids et par jour. Attention, une diminution voir l’arrêt de la prise d’eau peut signer une crise urémique et doit motiver une consultation urgente.

*La prise alimentaire: Toute perte d’appétit doit vous alerter.

*Le niveau d’activité et l’état général: un pelage de mauvaise qualité associé à un larmoiement chronique, des ulcérations buccales et à une mauvaise haleine doivent être pris au sérieux.